Sœur Solange : une vie donnée dans la joie du service

Sœur Solange : une vie donnée dans la joie du service

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Je suis Sœur Solange Bahodo — en famille, on m’appelle Julie, et pour mes sœurs africaines, « Ya So ». Je suis née au Cameroun, à Kribi Océan, un village qui devient aujourd’hui de plus en plus touristique.

Mon discernement a commencé simplement, au collège de Mbalmayo. Un jour, mon professeur de français nous a dit :
« Qui aimerait devenir religieuse au lieu de dépenser l’argent de vos parents chaque année ? »

Cette parole m’a profondément touchée. Elle a ouvert en moi une question, un chemin. J’ai alors rejoint un groupe vocationnel dans mon établissement et dans ma paroisse, pour rencontrer des religieuses et découvrir leurs charismes.

Dans ma vie, il y a aussi mon frère, porteur d’un handicap mental. À travers lui, j’ai été confrontée très tôt à la fragilité, mais aussi à l’amour. Un jour, un prêtre de ma paroisse nous a parlé du charisme hospitalier et de la Congrégation des Sœurs Hospitalières du Sacré-Cœur de Jésus. Cela a résonné profondément en moi.

Un moment a marqué ma vie de manière particulière : la guérison de mon frère Landry, le jour de sa première communion. Lui qui bavait beaucoup et avait des difficultés à parler a été transformé par sa rencontre avec Jésus Eucharistique. Ce jour-là, j’ai compris que le Christ était entré dans notre vie, dans notre famille. Et j’ai su que je devais lui offrir la mienne.

Aujourd’hui, cela fait 33 ans que je suis engagée dans la vie religieuse hospitalière. Chaque jour, je découvre ce que signifie être « amoureuse de Jésus » à travers le service de mes frères et sœurs en humanité.

Je suis actuellement en mission à Marseille, auprès de personnes porteuses de handicap mental. Ma mission est d’être présente, d’accueillir, d’aimer, de partager leur quotidien, leurs joies comme leurs difficultés, dans la foi.

Ma grande joie, c’est de vivre ces moments simples : les activités, les échanges, les petits progrès… mais aussi mon engagement dans la paroisse et dans la communauté, notamment à travers l’art floral liturgique.

Avec les années, je peux dire une chose : donner sa vie rend profondément heureux.

Aux jeunes d’aujourd’hui, je voudrais dire : n’ayez pas peur de l’engagement. C’est dans le quotidien que se construisent l’amitié et la vie fraternelle.

Et surtout, osez faire ce pas : « Venez et voyez. »

Le Christ ne force pas. Il appelle avec douceur.
Il aime chacun tel qu’il est.
Et il attend simplement notre réponse