Témoignage – une année auprès des résidents de la Maison Sainte Germaine

Témoignage – une année auprès des résidents de la Maison Sainte Germaine

dsc03061_rondSœur Soledad, supérieure de la Communauté de Paris située au sein de la Maison Sainte Germaine, est également responsable de la Pastorale des Jeunes de Paris.

Une de ses principales missions, qu’elle apprécie tout particulièrement, est d’accueillir tous les groupes de jeunes scolaires et d’aumôneries qui le demandent.

Ces temps de rencontres conviviales avec les résidents handicapés sont très appréciés, que ce soit pour les collégiens/lycéens ou les résidents.

 

 

 

Ralph Massy, élève de 1ère au lycée Franklin témoigne :

« Cette année, comme tous les élèves de première, j’ai été amené à choisir un Projet d’Action Sociale. Sans réellement savoir à quoi m’attendre, je me suis engagé pour aller animer des mercredis après-midi dans un foyer de personnes handicapées : la Maison Sainte Germaine (15ème), avec Madame Clavier qui connaît certaines résidentes depuis longtemps.

Ainsi, au début du mois d’octobre, nous avons été accueillis par Sœur Soledad, une pétillante religieuse hospitalière, qui nous a présenté ses « protégées ». Atteintes d’un handicap moteur ou d’une déficience mentale, ces dernières sont arrivées en marchant, avec leur canne ou en fauteuil. Au départ, nous étions tous intimidés, puis au fil des conversations, des chants, des danses et des jeux, nous avons ri et lié connaissance. Doucement, s’est installée dans la salle une ambiance chaleureuse ; et je me rappelle que, ce jour-là, en rentrant chez moi, j’étais mû par un bonheur inexplicable.

Nous y sommes retournés le mois suivant et, à mesure que nous y allions, nous apprenions à mieux nous connaître si bien qu’avec certaines résidentes un véritable lien s’est créé, au-delà même des jours de visite, à travers des messages ou des lettres. Je n’ai pas la prétention de croire que nous avons transformé la vie de ces femmes, mais je suis convaincu que nos sourires, nos gestes et notre attention leur ont fait du bien.

Cette expérience a aussi bousculé nos représentations du handicap : nous avons rencontré des personnalités complètes, étonnantes et pleines de vie avec qui le contact s’est établi tout naturellement. Ce fut aussi l’occasion de nous déconnecter de nos cours et devoirs, de nous décentrer de nos petites préoccupations quotidiennes pour donner de nous-mêmes et si simplement recevoir de l’autre. Car confrontés à plus faible que nous, en apparence, nous nous sommes  rendu compte de la petitesse de nos existences : une belle leçon d’humilité, mais aussi des moments de vie intense, de joie, d’allégresse. A notre âge, ce sont des moments qui font grandir notre humanité, des moments qui nous forgent et qui, à n’en pas douter, ne s’oublieront pas ».

 

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